Tribune franco-allemande des Parcs, Jardins et Monuments Historiques – Deutsch-Französisches Park-, Garten- und DenkmalMagazin

La Condemine – un propriétaire, un héritier, un artiste 

 

La Condemine, futur lieu d’exposition © privé

Le hasard et – dans ce cas précis – la fatigue sereine font bien les choses. Il y a quatre ans, en 2022, Patrick Boeri, passionné du patrimoine arpente les allées du salon du patrimoine au Carroussel du Louvre. Fatigué, il s’installe dans l’un des fauteuils de l’Association des Journalistes du Patrimoine. Au même stand, dans un autre fauteuil, est assis Frédéric Barriot, héritier avec ses frères et sœurs, d’une œuvre artistique unique : les émaux de feu de leur père, Robert Barriot (1898-1970), des émaux plus grands que nature. Outre leurs tailles, leur procédé de fabrication reste un secret que personne n’a su percer jusqu’à nos jours. Ni experts ni chimistes ni confrères émailleurs. Patrick Boeri s’intéresse au récit de l’héritier. Humble, fier et désespéré, celui-ci raconte qu’ il ne trouve aucun lieu pour héberger l’encombrante et belle collection.

L’un dés héritiers de l’artiste Barriot expliquant l’œuvre © B. de Cosnac

L’inconnu fatigué se réveille et se passionne. La chance – il est aussi propriétaire d’un château, La Condemine, ayant appartenu à Béatrice de Bourgogne en 1309. En partie italien – du Piémont voisin -, Patrick Boeri sait improviser. A Buxières-les-Mines, il a une grande salle avec neuf mètres d’hauteur de plafond qu’il veut restaurer et ouvrir au public. Une telle collection, incluant une œuvre monumentale (0,90 x 6,00 m) appelée « Danse macabre », il l’y verrait bien. Passion partagée entre deux hommes et affaire conclue en douceur. Le résultat : l’été 2026, la première exposition posthume de cet émailleur tombé dans l’oubli devrait y avoir lieu. Patrick Boeri sait saisir les occasions depuis toujours. Enfant, il rêvait de châteaux en construisant des forteresses avec ses cubes de bois. Teenager de quinze ans, il restaure ses premières maisons, y inclue celle de son grand-père. La technicité le fascine. Adulte, il veut acheter au Piémont, mais c’est trop grand et trop cher. Aussi regarde-t-il au-délà de la frontière. Il étudie une centaine de dossiers, en retient douze, visite deux et a le coup de cœur pour La Condemine en Bourbonnais. En une semaine il se décide et achète. Depuis 2005, il restaure son château d’une austérité médiévale qu’il adore. Sa demeure est classée ISMH et bien située – près du circuit de Magny-Cours et du PAL, attirant, eux, près de 700.000 visiteurs. C’est avec joie que le propriétaire et les héritiers de l’artiste vont accueillir cet été les visiteurs pour leur montrer une œuvre d’art en émail, œuvre énigmatique. Qui sait – peut-être l’un des visiteurs, un expert, saura lever le secret.

© Bettina de Cosnac, Hg. und Chefredakteurin Monumentum Nostrum

 

Schloss Condemine im Bourbonnais – ein Besitzer, ein Erbe und ein Künstler

Schloss Condemine, Schauplatz einer Emaille-Ausstellung © privé

Der Zufall – nebst eine Prise Müdigkeit – brachten den Stein ins Rollen. Vor vier Jahren, 2022, besuchte Patrick Boeri die Pariser Denkmalmesse (Salon International du patrimone culturel) und suchte ein Plätzchen zum Ausruhen. Er ließ sich am Stand der Denkmaljournalisten AJP (Ass. des Journalistes du Patrimoine) nieder und traf auf Frédéric Barriot. Sie kamen ins Gespräch. Und so erfuhr Boeri, dass Barriot der Sohn und einer von vielen Erben des Künstlers Robert Barriot (1898-1970) war. Barriot war Emaillierer mit einem einzigartigen Werk und einer Brennkunst, deren Geheimnis er mit ins Grab nahm. Die Erben suchten nunmehr einen Ort, um die Werke ihres einst bekannten Vaters auszustellen. Darunter ein meterhohes Œuvre aus Emaille, der sogenannte « Makabre Tanz » (0,60m x 6,00 m). Das traf sich gut, restaurierte doch Patrick Boeri seit 2005 ein Schloss, La Condemine, in Buxières-les-Mines im Bourbonnais. Dort verfügte er über einen riesigen Saal für den er eine Nutzung suchte. Die Deckenhöhe von neun Metern, berechnete er schnell, müsste für das gigantische Werk reichen. Noch am selben Messetag beschließen die beiden in Zukunft zusammen zu arbeiten. Und so wie der gebürtige Italiener Boeri sich mit dem Kauf seines Schlosses einen Kindheitstraum erfüllte, so erfüllt er jetzt den Traum der Barriot-Erben: 2026 werden die geerbten Werke des Emailleurs erstmals der Öffentlichkeit gezeigt, auf Schloss Condemine unweit von Magny-Cours und des PAL mit seinen knapp 700.000 Besuchern. Vielleicht wird der eine oder andere Fachbesucher das Geheimnis der Brennkunst dann lüften.  (©MoNo)