Tribune franco-allemande des Parcs, Jardins et Monuments Historiques – Deutsch-Französisches Park-, Garten- und DenkmalMagazin

Paysages, regards et portraits croisés : Goethe, dessinateur – Chateaubriand, écrivain

Maison de Chateaubriand © B. de Cosnac

« Goethe et Chateaubriand – c’était une exposition montée dans la sérénité », se félicite Bernard Degout, directeur de la ravissante Maison de Chateaubriand à Châtenay-Malabry. « D’ailleurs, c’est notre première exposition montée cent pour cent avec un pays étranger. » L’Allemagne fut un partenaire de choix. Depuis 1993 un partenariat existe entre le lieu de mémoire Chateaubriand et la « Klassik Stiftung Weimar », une fondation à Weimar en Thuringe. « Mais ce lien existait seulement

Gastkurator Hermann Mildenberger vor seinem Lieblingsaquarell von Goethe @ BdC

Gastkurator Hermann Mildenberger vor seinem Lieblingsaquarell von Goethe @ BdC

sur papier » sourit le commissaire allemand Hermann Mildenberger, responsable de l’art graphique au sein de la fondation. « Jusqu’à ce que nous avions eu l’idée de faire une exposition sur le rapport aux paysages de Chateaubriand et Goethe. » Adolescent, le commissaire dévorait l’oeuvre de Chateaubriand, sachant ainsi que la nature y jouait un grand rôle. L’écrivain visitait les mêmes lieux que Goethe mais sans qu’il le croise. L’avait-il évité? En tout cas, le diplomate, orgueilleux, était peu diplomate dans son jugement – négatif – de Goethe, tandis que Goethe louait Chateaubriand sans pour autant l’admirer outre mesure. Les voyages des deux génies les menaient en Bohème, en Italie du Sud et à Rome. L’un, Chateaubriand, se limitait à les chanter par la plume, l’autre Goethe, les rapportait sous forme de récits et dessins. « C’est la première fois aussi que nous présentons en France l’ écrivain Goethe comme dessinateur» insiste le commissaire Mildenberger. « C’est un aspect méconnu de Goethe. Dans cette exposition nous montrons aussi des œuvres récemment restaurées et jamais exposées. » Goethe était un peintre « semi-professionnel « . Il avait grandi auprès d’un père collectionneur de tableau et avait suivi des cours de dessin auprès de peintres. Parmi les 2000 dessins de Goethe dans la collection de Weimar, une soixantaine  de dessins réalisés

Côte napolitaine, dessin de J. W. Goethe © BdC

Côte napolitaine, dessin de J. W. Goethe © BdC

à la brou de noix, à la craie ou à la plume sont accrochés aux murs du musée, teintés, pour l’accrochage, aux couleurs « façon Goethe ». Ce sont les mêmes couleurs que l’on retrouve à Weimar dans sa maison de jardin et dans son habitation. Goethe lui-même avait mixé sa propre palette.

Certains aquarelles surprennent par leur graphisme réduit et leur modernité. « Goethe avait une approche presque conceptuelle du paysage, en tout cas pas romantique. » Même si une allée de peupliers est dessinée pour former le prénom de sa bien aimée Wilhelmine. Les mêmes peupliers rappellent à Chateaubriand ses amis perdus.

L’expert allemand s’exprime d’ailleurs dans un français parfait. Tout comme le directeur français donne la réplique dans un allemand admirable. Cette communication bi-lingue des deux commissaires a certainement facilité la réalisation de l’exposition. Son concept est original : si les dessins des paysages du poète allemand restent au chaud dans la demeure décorée par Chateaubriand, les mots de l’écrivain français s’affichent dans le jardin, portant ainsi l’exposition dehors. Une belle idée d’autant plus que le parc, splendide, a été dessiné et planté par Chateaubriand au moment de sa rédaction des « Mémoires d’outre-tombe », tout comme Goethe créa le sien à Weimar. Le parc en fleur se présente aujourd’hui comme une évocation de l’Italie. Cette Italie qui faisait rêver les deux génies.

Exposition « Goethe & Chateaubriand. Regards croisés devant les paysages » jusqu’au 19 août. Maison de Chateaubriand à Châtenay-Malabry, Vallée-aux-loups, Ile-de-France. Beau catalogue, Silvana Editoriale, Milan 2018. Seul catalogue existant de « Goethe paysagiste ». Les autres étant épuisés.

 Bettina de Cosnac, Ed. et rédactrice en chef de MoNo

 

 

Begegnung von Landschaften, Blicken und Porträts:

Goethe als Zeichner – Chateaubriand als Schriftsteller

 

 

Bernard Degout, Direktor des Maison de Chateaubriand © B. de Cosnac

Bernard Degout, Direktor des Maison de Chateaubriand © B. de Cosnac

„Die Austellung ‚Goethe & Chateaubriand, Blicke, die sich in der Landschaft begegnen’ war reines Glück,“ strahlt Bernard Degout, Direktor des entzückenden Wohnhauses von René de Chateaubriand in Châtenay-Malabry vor den Toren von Paris. „Sie ist auch unsere erste Ausstellung, die eigenständig vom Ausland kuratiert wurde.“ Deutschland war ein vorbildlicher Partner. Seit 1993 bestand ein Austausch zwischen der Klassik Stiftung Weimar in Thüringen und dem Gedenkhaus von Chateaubriand, in den Hauts-de-Seine. „Aber der Austausch beschränkte sich auf das

Texte von René de Chateaubriand © B. de Cosnac

Papier,“ lächelt Prof. Dr. Hermann Mildenberger, Abteilungsleiter der graphischen Sammlung der Weimarer Klassik-Stiftung. Bis die beiden Verantwortlichen vor drei Jahren beschlossen, den Worten Taten folgen zu lassen, und Goethes und Chateaubriands Blicke auf Landschaften zu vergleichen. Als Jugendlicher hatte Kurator Mildenberger die Literatur von Chateaubriand verschlungen und wusste, das wäre ein Thema, das beide berühmten Zeitgenossen berührte. Schließlich war Schriftsteller Chateaubriand an dieselben Orte à la mode gereist, wie Goethe, ohne dass sich die beiden Genies begegneten. Vermieden sie sich? Der stolze Diplomat Chateaubriand war jedenfalls wenig diplomatisch in seinem Urteil über den großen Goethe, wohingegen dieser ihn anerkannte, ohne ihn jedoch über den Klee zu loben. Ihre ausgedehnten Reisen führten sie an Orte in Böhmen, Süditalien und natürlich nach Venedig und Rom. In der Verarbeitung dieser Orte beschränkte sich René de Chateaubriand auf literarische Schilderungen. Goethe jedoch hielt sie in Wort – und Bild! – fest. „Es ist das erste Mal, dass wir Frankreich Goethe als Zeichner zeigen,“ erklärt Gastkurator Hermann Mildenberger. „Es ist ein unbekannter Aspekt des Schriftstellers. Erstmalig zeigen wir auch restaurierte Zeichnungen, die bisher nie ausgestellt wurden.“

Johann Wolfgang Goethe war ein Amateur-Maler mit geschultem Auge. Er nahm Zeichenunterricht bei professionellen Malern und wuchs in einem Haushalt auf, wo Kunst, dank des sammelnden Vaters, allgegenwärtig war. Sechzig Zeichnungen – aus 2000 – des Schriftstellers, darunter Aquarelle, Skizzen in Laviertechnik mit Nussschalenbeize, Tinte, Kreide und Wasserfarben, hängen an kolorierten Wänden, die Goethes Farbvorlieben reproduzieren. Es sind dieselben Ambiente-Farben, die sein Gartenhaus und sein Wohnhaus in Weimar zier(t)en. Der empfindsame Goethe hatte sich seine Wandfarben stets selbst gemischt. Manche Zeichnungen wirken in ihrer graphischen Reduzierung oder Gestaltung überraschend modern, etwa wenn die Motive in schwarzer Tinte kräftig umrandet und hervorgehoben werden. Für Kurator Mildenberger ist Goethes Annäherung an die Landschaft „konzeptuell“ und „nicht romantisch.“ Selbst wenn eine von Goethe gezeichnete Pappelallee sich

Parklandschaft © B. de Cosnac

verliebt zum Namenszug der „Wilhelmine“ formt. So wie Chateaubriand beim Anblick selbiger Pappeln sich verflossener Freunde erinnert.

Der deutsche Experte Hermann Mildenberger spricht übrigens ein ausgezeichnetes Französisch. Genauso wie sein französischer Kollege sich hervorragend auf Deutsch ausdrückt. Diese Zweisprachigkeit auf beiden Seiten erleichterte gewiss die Kooperation und trieb das gemeinsame Projekt voran.

Das Konzept der Ausstellung ist originell: während Goethes Landschaften im dunklen Schutz der Räume des denkmalgeschützten und von Chateaubriand selbst dekorierten Hauses bleiben, hängen die poetischen Ansichten des französischen Schriftstellers auf Plakaten im malerischen Landschaftspark. Die Ausstellung wird sozusagen von drinnen nach draußen transportiert, das Landschaftsthema durch die Natur umrahmt und illustriert und der Blick des Besuchers perspektivisch geöffnet. Eine umso schönere Idee als Chateaubriand – wie Goethe – seinen prächtigen Garten selber plante und anlegte. Und dies derweil er seine Memoiren « d’outre tombe » schrieb. Der blühende Prachtgarten wirkt wie eine Erinnerung an Italien. Jenes Italien, dass die beiden Genies träumen ließ. (MoNo)

Ausstellung „Goethe & Chateaubriand – Blicke, die sich in der Landschaft begegnen“ . Maison de Chateaubriand, Vallée-aux-Loups, Châtenay-Malabry, Ile-de-France, bis zum 17. August 2018. Informativer zweisprachiger Ausstellungskatalog, Silvana Editoriale, Mailand 2018. Derzeit der einzige, nicht vergriffene Katalog über Goethe als Landschaftsmaler.