Tribune franco-allemande des Parcs, Jardins et Monuments Historiques – Deutsch-Französisches Park-, Garten- und DenkmalMagazin

« Ich bin Gärtner(-in). Ich gärtnere, ich werde gärtnern …» Gartenpäpstin Pape und ihre « Gebrauchsanweisung fürs Gärtnern.“ Ungeschminkt, lehrreich und amüsant 

« Gartenpäpstin » Gabriella Pape ©Kay Penslak

Das Interview beginnt klar, direkt und mit prägnanten Thesen: « Im Garten muss man nicht, aber man kann alles. » Auch der nächste Satz sitzt: « Die meisten Menschen sehen das Gärtnern als Kraftakt an. » Dabei ist Gärtnern, so Gabrielle Pape, vor allem « Vergnügen ». Sie, die in England an der renommierten Kew Garden lernte und in Großbritannien fast zwanzig Jahre einheimische Gartenliebhaber beriet, muss es wissen. Wie keine andere kann sie die deutsche Gartenmentalität mit jener der Engländer vergleichen. Ihre Rückkehr nach Deutschland war durch einen Unfall bedingt. Im kreativen Berlin knüpfte sie nicht minder kreativ an historische Garten-Vorbilder an: mutig übernahm sie die stillgelegten, maroden Gewächshäuser der einstigen Preussisch-Königlichen Gartenakademie und ließ sie unter fast identischem Namen „Königliche Gartenakademie“ wieder auferstehen. Ein

"Königliche Gartenakademie": Beratungsbüro-Show-Tea-Room © Kay penslak

« Königliche Gartenakademie »: Beratungsbüro-Verkauf-Show-Tea-Room © Kay Penslak

großes finanzielles Risiko, vor allem aber eine Vision, die die meisten Banker (auch jene, die Jungunternehmer angeblich unterstützen ) und der Berliner Senat nicht teilten. Deren Unkenrufen zum Trotz fing Papes globales Garten-Beratungs-Tee-Show-Room-Konzept kurz nach Gründung zu Blühen an und gedeiht unter ihrer pflegerischen Kompetenz bis heute. Die Königliche Gartenakademie in Berlin ist ein „Muss“ für Berliner, Touristen, Gärtner und nicht Gärtner. Und die Beratung einmalig: ein Euro pro Quadratmeter. Das Konzept schuf Pape. Mit ihrem Wissen, ihren Gartenbüchern ihrem zurückhaltenden, aber sachkundigen Medienauftritten scheint sie MoNo die deutsche Gartenpäpstin. Ihre Gartenreligion: Zuversicht, Mut und Ausdauer, vor allem Geduld und Demut. Ein guter Gärtner „gärtnert“, integriert sein Tun in den Alltag und in den Kreislauf der Natur. Die meisten (deutschen und französischen) Hobbygärtner aber „arbeiten“ im Garten, sprich sie malträtieren ihn mit lärmenden Maschinen. Weniger ist mehr! Das gilt auch für den allseits beliebten Rasen. Im Gegensatz zu Blumenbeeten, benötigt ein Rasen größte Aufmerksamkeit und Pflege. Männer aber lieben Rasen. Oder sind es die Maschinen dafür? Die Spezialistin vermag anhand einer Gartenanlage zu Pape Coverunterscheiden, ob der gärtnernde Besitzer männlich oder weiblich ist.

Papes „Gebrauchsanweisung Gärtnern“ erschien 2018 bei Piper. Im zweiten Anlauf. Den ersten lehnte die Autorin aus Zeitmangel ab, aber auch weil sie nicht überzeugt davon war. Als der Verlag ihr inhaltlich freie Hand gab und sie frisch und frei auch Kritik an Institutionen ausüben und über in den Weg gelegte Stolpersteine berichten konnte , sagte sie zu. Zum Glück. Gerade diese ungeschminkte Ehrlichkeit und das vermittelte Wissen aus der Perspektive der Natur machen das Gartenbuch zu etwas Besonderem. Wer wagt schon die beliebten roten Geranien und den – in Gabriella Papes Augen ungerechtfertigt hochstilisierten – Rosenkult zu kritisieren? Die Schöne ist ihr ein Dorn im Auge, giftig und wasserintensiv. Statt ihrer zählt sie eine Vielzahl anderer liebreizender Blumen auf, die nach der Blüte keinen „holzigen Stachel(draht)zaun“ hinterlassen. Ihr Liebling ist die immergrüne Magnolie. Sie steht im Berliner Hinterhof der Preisträgerin der renommierten Chelsea-Flower-Show. Die „Köngliche Gartenakademie“ ist heute ihr Garten. Die Gewächshäuser und Plantagen ihr Lebenselixier. Für die neue deutsche Gärtnergeneration zeigt Pape sich optimistisch: der urbane Garten ist sozialisierenden Gemeinschaftsprojekt. Die natürliche – und nicht domestizierte – Natur rückt wieder in den Vordergrund. Vom Engländer ist vor allem eins zu lernen: er verehrt seine Pflanze! Verehrung impliziert Demut und Respekt. Pape ergänzt die „Freude am Zufall“. Ihre „Gebrauchsanweisung fürs Gärtnern“ ist ein Werben für die Stärken der Natur und eine Initiationsreise zu den vergessenen Geheimnissen eines gedeihenden Gartens. Eine packende Lektüre vor dem Kamin, wenn der Garten ruht! Auch für nicht Gärtner empfehlenswert!

 Bettina de Cosnac, Ed. et rédactrice en chef de MoNo

 

 

Gabriella Pape: Papesse allemande des jardins et son « Jardiner mode d’emploi ». Instructif et amusant.

 

 

Königliche Gartenakademie, Berlin © Kay Penslak

Königliche Gartenakademie, Berlin © Kay Penslak

L’interview est claire, directe avec des phrases qui marquent : « Dans le jardin on ne doit rien, mais on peut (presque) tout. » Suivi de : La plupart des gens pensent que jardiner est un «travail. » Erreur ! C’est un plaisir. Gabriella Pape sait de quoi elle parle, ayant fait ses études à la célèbre école horticole de Kew Garden et ayant vécu pendant vingt ans en Angleterre en y créant son bureau de paysagiste. Aussi aime t-elle comparer l’approche du jardin des Anglais et des Allemands, avec quelques réflexions encore plus critiques sur le concept du jardin dit « à la française». – Son retour en Allemagne était dû à un accident, lui donnant le loisir de réfléchir à son futur. Née près de Hambourg, elle tombe par hasard sur les serres vétustes et abandonnées de l’ancienne académie royale de Prusse. Elle

Les serres de la KGA © Kay Penslak

Les serres de la KGA © Kay Penslak

décide de les faire renaître sous un nom similaire l’ »Académie Royale des Jardins » (KGA). Bien que le Sénat de Berlin et nombre des banquiers étaient réticents à son projet (même ceux aidant, soi disant, les start-up), elle croit ferme en son projet de bureau de paysagiste-show-tea-room, tout en un. Pour un euro le mètre carré elle fournit des conseils pour aménager son jardin. C’est son concept. Le futur lui donne raison. La KGA est florissante. Elle est devenue un « must » pour les Berlinois, les touristes et les (non-)jardiniers. Considérant les interventions de cette spécialiste dans les médias et ses livres à son actif, Monumentum Nostrum, aime la consacrer « pâpesse des jardins » en Allemagne. Sa religion pour bien jardiner : optimisme, courage, persévérance parée de patience et d’humilité. Respect des forces oubliées de la nature. Il faut intégrer le jardinage dans son rythme quotidien au lieu d’ aller dans son jardin pour « travailler ». Qui dit « travailler », pense plutôt le maltraiter avec machines bruyantes, souvent superflues.

Son livre « Jardiner mode d’emploi » est paru en 2018. Elle refusait d’abord de l’écrire trouvant qu’il y ait déjà trop de livres sur les jardins et n’ayant pas toute la liberté de dire son opinion et de raconter les détails – parfois désagréables – de son parcours. Comme l’éditeur cédait, elle s’est mise au travail. Avec une fraîcheur de style et une liberté d’opinion qui font plaisir. Non seulement elle attaque cet amour monotone pour des géraniums rouges, mais considère le culte autour de la « reine

Une traduction française se fait attendre...

Une traduction française se fait attendre…

rose » comme exagérée et en rien justifiée, cette fleur étant grande consommatrice en eau, laissant, après sa floraison, un « fil barbelé en bois »dans le jardin, laid à voir et faisant mal. Elle lui préfère largement d’autres plantes, plus écologiques et non moins décoratives si bien plantées au bon endroit. Sa plante préférée est d’ailleurs le magnolia, vert en permanence. Il se trouve dans son arrière cour berlinois où elle vie. Primée d’un prix de la célèbre Chelsea-Flower-Show, elle reste optimiste quant à la prochaine génération de jardiniers: le jardin devient urbain et projet social de partage. Ils s’y intéressent d’ avantage au cycle de la nature. Quant au jardinier anglais, nous pouvons apprendre son attitude envers la plante : il la honore et ne cherche pas à l’assujettir. « Honorer » implique humilité et respect. Gabriella Pape aime y ajouter « les joies du hasard ». Son livre « Jardiner mode d’emploi » est un plaidoyer pour les forces de la nature et un voyage passionnant vers les secrets oubliés d’un jardin florissant. A lire au coin du feu de cheminée quand le jardin se repose. Une traduction française se fait attendre! (MoNo)