Tribune franco-allemande des Parcs, Jardins et Monuments Historiques – Deutsch-Französisches Park-, Garten- und DenkmalMagazin

STORS – un château, un parc, une passion

Stors vue de la terrasse©B.de Cosnac

Stors vue de la terrasse©B.de Cosnac

Il sort de la chapelle nouvellement restaurée, j’y rentre. « Vous êtes le propriétaire ? » « Oui ». « Pourrions-nous parler un peu de Stors pour Monumentum Nostrum ?». Une légère hésitation, puis il acquiesce « oui » de la tête. Pourtant, selon des agents immobiliers, il aurait refusé plusieurs fois avant. Il fallait que l’on se rencontre. C’était inscrit, comme les nombreuses propriétés sur lesquelles les propriétaires sont tombées « pas par hasard » durant leur vie. «Une maison choisit son propriétaire, et pas l’inverse »  précise Monsieur. Et Madame de rajouter : « Au fond nous aurions du vivre dans une

La chapelle nouvellement restaurée©B. de Cosnac

La chapelle nouvellement restaurée©B. de Cosnac

autre époque. Nous ne sommes pas d’ici. » Une réincarnation. Pourquoi ? Parce qu’ils collectionnent des maisons historiques comme d’autres collectionnent des tableaux. Par passion, sans crainte, sans se soucier du futur. Leur sourire est large et leur bonheur grand. Pourtant ils doivent se séparer, pour des « raisons de santé » du magnifique petit parc de Stors avec son étang, sa fontaine, ses terrasses, sa maison chinoise – et le château. Depuis un peu plus de dix ans, ils ont redonné forme au jardin. Ils ont restauré en partie le château exceptionnel, un « château de femmes ». Une autre moitié est encore en ruines, cette partie où une bombe de la deuxième guerre mondiale avait arraché une aile. « J’ai appris au passage que les propriétaires voulaient se séparer du château. Et je me suis rappelé qu’enfant je jouais dans le parc et j’avais vu les illustres Montebello, une grande

Le parc avec sa terrasse©B.de Cosnac

Le parc avec sa terrasse©B.de Cosnac

famille d’alors » se souvient le propriétaire à l’âge de la retraite. « Nous avons vendu deux autres propriétés pour acquérir Stors. » « C’est lui qui fonce » enchérit-elle. Mais c’est elle qui déniche souvent les maisons historiques, tel un beau manoir en Normandie – acheté en une heure ! – ou une maison d’Henri IV dans son jus dans un village de l’Eure. Ou encore une maison en Italie. Elle fait l’animation nécessaire pour avoir un minimum de revenus tandis que Monsieur « réhabilite », comme il précise, petit à petit. Les deux se complètent, c’est évident. L’union fait

Les propriétaires et vendeurs ©B.de Cosnac

la force même si l’argent n’y est pas. « Il ne faut pas de gros moyens si on aime bricoler et jardiner. A la base, je suis peintre en bâtiments et puis j’ai grimpé les échelles. » Monsieur a commencé à travailler à 14 ans pour finir avec un beau poste aux Etats-Unis. Tout est possible. « Il faut oser, se lancer et réaliser son rêve ». Car les maisons chargées d’histoire émanent un « bien être particulier ». Il y a « toute une ambiance ». Peu importe leur taille. Il arrive même que les frais de notaire sont plus chers que le prix d’acquisition d’une bâtisse qu’ils veulent sauver comme à Quibeuf, village d’Henri IV. «Beaucoup de gens achètent et retapent pour la façade, pour se vanter.» constate mon interlocuteur en faisant la visite guidée de Stors. Il prend son temps, soigne le détail. « Ceux-là font du façadisme. » Un joli néologisme qui résume tout. Eux par contre, en retapant Stors vaillamment en partie cherchent à assurer une belle « passation des lieux ». C’est leur devoir comme ils disent. « Une tranche de vie qui tourne. »

Passeurs de châteaux, ils sont aussi des passeurs de rêves. Ils appartiennent à une espèce rare d’enthousiastes courageux, d’esthètes et d’adultes avec une âme d’enfant. A ceux qui croyent au beau, à l’harmonie et au « tout est possible en douceur » dans un monde dominé par l’argent, la raison et des grandes et petites luttes de pouvoir. Dans un monde où, « selon les cartésiens, les envieux et pessimistes rien ne semble possible,  si on n’a pas les moyens » et « si on n’est pas riche ». Faux! corrige aussitôt mon interlocuteur. Il faut tout simplement approcher la vie sous un autre angle. Il faut se retrousser les manches, y croire sans attendre et chercher à comprendre sa bâtisse. « Laomprendre comme on cherche à comprendre son enfant. » lui demande-je. « Oui, et détecter les signes. Il y en a toujours. Il y a une destinée.» Notre rencontre au seuil de la chapelle était pour lui un signe, car au départ, suite à de mauvaises expériences, Monsieur avait refusé toute interview. Après des heures en compagnie de ces fascinants « passeurs de rêves », MoNo s’apprête à acheter une belle propriété pour réaliser son rêve. Même si la nouvelle taxe sur les résidences secondaires prévue par le président Emmanuel Macron jette un voile sur ce rêve.

 

Bettina de Cosnac, Ed. et rédactrice en chef de MoNo

 

 

STORS – Ein Schloss, ein Park, eine Passion

 

 

Une aile de Stors@B.de Cosnac

Une aile de Stors@B.de Cosnac

Er tritt aus der restaurierten Kapelle, ich trete hinein. „Sind Sie der Besitzer?“ frage ich. Ein knappes „Ja“ ist die Antwort. „Könnten wir uns kurz über Stors für das Magazin Monumentum Nostrum unterhalten?“ Ein Zögern, dann nickt mein gegenüber Zustimmung. Dabei hatte er zuvor mehrfach abgelehnt, wie mir die von ihm beauftragten Immobilienhändler mitgeteilt hatten.

Aber wir sollten uns begegnen! Das stand im Kosmos bzw. in den Sternen geschrieben, genau wie die zahlreichen Ansitze, die den Besitzern, wie sie sagen, „nicht zufällig“ in ihre Hände gelangten, sondern „es war stets Vorsehung“. „Ein Haus sucht und findet seinen Besitzer – nicht umgekehrt“, präzisiert Monsieur seine Gedanken in diese Richtung. Und Madame ergänzt

Blick auf Park und Terrasse©B.de Cosnac

Blick auf Park und Terrasse©B.de Cosnac

genauso überzeugt und überzeugend: „Im Grunde gehören wir in eine andere Epoche. Wir sind nicht aus dem Hier und Jetzt.“ Eine Reinkarnation also? Wie spüren sie es? Weil sie nur in alten Bauten leben und historische Denkmalhäuser sammeln wie andere Bilder. Aus Leidenschaft, ohne Angst, ohne Zukunftssorgen. Sie lächeln breit, ihr Glück ist groß, wenngleich sie sich derzeit aus „Gesundheitsgründen“ von dem bezaubernden kleinen Park von Stors mit seinem Teich, seiner Fontäne, seinen Terrassen, seinem chinesischen Häuschen und dem Schloss trennen wollen und müssen.

Seit etwas mehr als zehn Jahren haben sie das Anwesen wieder in Form gebracht. Sie haben das außergewöhnliche Schloss teilweise restauriert, ein „Schloss der Frauen“. Ein Grossteil bleibt noch Ruine. Jene Partie, wo im Zweiten Weltkrieg eine deutsche Bombe den Flügel förmlich wegsprengte und nur die eine Zimmerwand stehen blieb. Zurück zu den Zeichen. „Ich hatte damals nur so nebenbei erfahren, dass Stors zum Verkauf stand. Und ich erinnerte mich, dass ich schon als Kind in dem Park gespielt hatte und den berühmten Besitzern, den Montebellos, begegnet war.“ erzählt nachdenklich der vor der Rente stehende Besitzer. „Wir verkauften sofort zwei andere alte Häuser, um dafür Stors zu erwerben.“ Zögern ist nicht ihr Ding. „Er

Chinesisches Teehaus©B. de Cosnac

Chinesisches Teehaus©B. de Cosnac

ist es, der die Dinge sofort vorantreibt“ ergänzt Madame. Aber sie ist es wiederum, die jene Häuser mit Charme entdeckt, denen sie verfallen: etwa ein schönes Manoir in der Normandie – sie kauften es in nur einer Stunde! -, oder ein kleines Fachwerkhaus aus der Zeit von Heinrich IV. in der Eure oder ein reich verziertes Dorfhaus in den Bergen Norditaliens. Sie kümmert sich auch um Veranstaltungen, um ein Minimum an Einnahmen zu sichern. Er wiederum handwerkelt und renoviert in kleinen Etappen.

Ohne Zweifel, die zwei ergänzen sich. Einheit macht stark, selbst wenn das Geld fehlt. „Man braucht keine Reichtümer, wenn man gerne Hand anlegt und auch gärtnert“, spricht er aus Erfahrung. „Ich bin gelernter Maler und habe erst nach und nach die Berufsleiter erklommen und damit etwas Geld.“ Mit 14 Jahren fing er an zu arbeiten, um schließlich einen Posten in den USA zu ergattern. Alles scheint für das Paar möglich! „Man muss es einfach wagen, springen und sich seinen Traum erfüllen.“ Für sie sind es alte Häuser, denn sie strahlen ein « besonderes Wohlbefinden“ aus. Sie bergen eine „einzigartige Stimmung“. Preis und Größe des Hauses spielen dabei keine Rollte. Manchmal übersteigen die Notarkosten sogar den Kaufpreis des Hauses, das sie retten wollen. Während der Führung bemerkt mein Denkmalsammler lakonisch:„Viele kaufen, um nur die Fassade zu restaurieren und sich zu brüsten. Ich nenne es ‚Fassadismus’.“ Ein treffender Neologismus. Er hingegen arbeitet sich langsam voran, pflegt das Detail und sorgt sich derzeit, „Stors“ in gute Hände zu bringen. Die Übergabe solcher Denkmale in „die richtigen Hände ist wichtig und unsere Verantwortung.“  Mit den Häusern vererbt er auch „einen Traum“. Die Hausnachlasser sind zugleich „Traumträger.“ Sie gehören zu jener aussterbenden Spezies von mutigen Enthusiasten mit einer Kinderseele, denen alles „friedlich und harmonisch“ möglich scheint, wenn sie nur fest daran glauben – tapfer losgehen und anpacken. Und dies in einer von Geld und großen und kleinen Machtkämpfen dominierten Welt: « In einer Welt von Rationalisten, Neidern und Pessimisten für die nichts möglich scheint, wenn man keine Mittel hat und nicht zu den Reichen gehört.“ Die falsche Einstellung – stellt mein Gegenüber sofort richtig. Man muss sich nur die Ärmel hochkrempeln und versuchen, sein Haus zu verstehen. „So wie“, ergänze ich, „man versuchen sollte sein Kind zu verstehen?“ Zustimmung nickend mahnt der Besitzer: „Und natürlich die Zeichen sehen. Es gibt immer Zeichen!“ Unsere Begegnung auf der Schwelle der Schlosskirche war ein solches Zeichen. Monsieur hatte zuvor tatsächlich einige Interviews aufgrund schlechter Erfahrungen abgelehnt. Aber wir trafen uns … Nach Stunden in Gesellschaft dieser faszinierenden „Traumüberbringer“ ist MoNo bereit, ein, nein zwei, vielleicht sogar drei Schlösser zu erwerben. Allerdings trübt Präsident Emmanuel Macrons Besteuerung der Zweitwohnsitze sogleich diesen Traum. (MoNo)