Tribune franco-allemande des Parcs, Jardins et Monuments Historiques – Deutsch-Französisches Park-, Garten- und DenkmalMagazin

Le Lude – Synthèse vivante de l’Esprit de château au fil de des siècles

Le Lude© Eric Sander

Le Lude© Eric Sander

Que serait un château inhabité? Une future ruine tombant dans l’oubli. Tel est au XXIè siècle le triste destin de beaucoup de propriétés en France. Mais il y a Le Lude. Le premier château, et non des moindres, au bord du Loir en descendant vers La Loire. Cette ancienne forteresse agrandie, embellie et enrichie au fil de dix siècles par ses occupants illustres, se présente aujourd’hui comme un château grandissime, rempli de splendeurs. Un château intact dû à l’effort constant et presque surhumain de ses habitants Barbara de Nicolaÿ et son époux Louis-Jean.

Si le dernier a eu Le Lude en héritage, c’est Barbara, venant de sa Belgique natale, qui l’a eu comme « cadeau » en épousant Louis-Jean. D’autres auraient jugé ce cadeau un tantinet empoisonné tant il capte leurs efforts. Elle, au contraire, l’a accueilli comme une « dot » à prendre avec joie et responsabilité. C’est son cher enfant, ce qui veut dire, un

Galerie©Eric Sander

Galerie©Eric Sander

enfant chéri qui coûte cher. Il nécessite un budget annuel de plusieurs dizaines de milliers d’euros, des prévisions de travaux à moyen et long terme, sans parler des incidents et surprises au quotidien. Mais on y vit. Et on y vit bien au fil de l’année avec des enfants, des amis, des invités et des visiteurs; avec des fêtes, des enterrements et des mariages, tout en cherchant à occuper l’immense espace prévue, au Grand siècle, pour rivaliser avec la cour royale.

Des visites royales, il y en a eu comme témoigne un énorme livre aux photos magnifiques prises par l’excellent photographe Eric Sander. L’auteure est Barbara de Nicolaÿ, archéologue de formation, qui réalisa son rêve : «C’est étonnant, mais la image001dernière monographie du Lude datait de 1854. En plus, c’est un tout petit fascicule, loin de raconter tout pour pouvoir comprendre cette demeure hétéroclite. » L’idée est née, il y a trois ans, en partant d’un petit coffret pour finir en un opus de 263 pages. Les compétences d’une archiviste de la région et une thèse de doctorat de 1992 « bien fournie » ont aidé l’auteure dans ses recherches. « Pourtant je ne voulais pas écrire un livre historique. Mais un qui montre le côté toujours vivant et changeant de ce château » explique Barbara de Nicolaÿ. « Vivant par le texte et les images.» Le résultat est un joli « pavé » à la hauteur du château qui reflète bien l’Esprit du château, voir de tout château habité: une demeure avec une famille et une cour (en termes d’architecte), des terrasses, des terres et des chasses ; avec des récoltes, des ateliers et des employés soucieux. Le tout en contact avec le village et des visiteurs. Et avec un jardin en transformation permanente comme, en ce moment, la création d’ un parcours botanique.

Le Lude nous semble incarner en quelque sorte le Downtown Abbey français actuel. A défaut d’une série télévisée, il y ce très beau livre. On peut le lire en prenant son temps. En ouvrant un chapitre par semaine pour y découvrir, comme à la télé, un nouvel épisode et ainsi un autre aspect de cette vie. L’ouverture du domaine faisant partie aussi de l’Esprit de château, le prochain épisode se vit en direct lors de l’ouverture du potager riche en légumes rares.

Barbara de Nicolaÿ, L’Esprit de Château: Le Lude. Photographies d’Eric Sander. Flammarion, 263 p. 65 €

Bettina de Cosnac, Ed. et rédactrice en chef de MoNo

 

 

Le Lude: Quintessenz eines französischen Schlosses im 21. Jahrhundert

 

 

Viele Schlösser Frankreichs sind von ihren Besitzern verlassen und stehen zum

Bouquet im Salon © Eric Sander

Bouquet im Salon © Eric Sander

Verkauf. Ihr Schicksal in wenigen Jahren resümiert sich in zwei Worten: Verfall und Ruine. Nicht davon betroffen ist Le Lude, das nördlichste Schloss der Loire-Schlösser. Noch am Loir in der Sarthe gelegen, überlebt der prachtvolle Palast seit mehr als zehn Jahrhunderten dank seiner wechselnden Bewohner. Ob Mittelalter, Renaissance oder 19. Jahrhundert, ob Hofcharge, Prinz oder Mitglied der Compagnie des Indes, wie die Famille de Thalhouët, jeder Besitzer drückte dem Schloss seinen architektonischen Stempel auf. Außen wie innen. Von der Motte zum Prunkpalast. Vom Leben heute in dem über hundert Zimmer fassenden Schloss erzählt die jetzige Besitzerin, Barbara de Nicolaÿ. Seit über dreißig Jahren erfüllt die Belgierin mit ihrem Mann Louis-Jean das grosse Haus mit Leben. Sie empfangen jahraus, jahrein Familie, Freunde und Besucher; feiern Feste und Taufen; bestellen die Acker, verändern den Garten und kümmern sich um die Domäne. Das  Schloss ist ihr teures Kind, vielleicht ihr liebstes Sorgenkind. Einenfant chéri, liebenswert und liebesbedürftig rund um die Uhr und teuer im Unterhalt. Mehrere Zehntausend Euros verschlingt die Instandhaltung jährlich. Zur Zeit arbeitet man am Dach mit einem Budget von 40.000 €. Die Restaurierungsetappen werden sorgfältig mittel- und langfristig mit den Denkmalpflegern geplant. Jede Woche, wenn nicht täglich, taucht ein neues Problem auf, das bearbeitet werden will. Wöchentlich, wie ein Fernsehfeuilleton, ist auch die umfangreiche, reich bebilderte Monographie über Le Lude zu lesen. Es ist die erste seit 1854 und mit Abstand die umfangreichste. Die ausgebildete Archäologin Barbara de Nicolaÿ resümiert anschaulich die Geschichte und das Leben des Familienbesitzes auf 263 prunkvoll bebilderten Seiten. Und beleuchtet das nicht immer feudale, wenngleich noch immer anspruchsvolle Schlossleben. Le Lude ist das französische Pendant von Downtown Abbey. Die Quintessenz des Schlosslebens und seine Fortsetzung im 21. Jahrhundert. Das Buch vermittelt einen anschaulichen Einblick, ersetzt aber nicht die Reise. Die nächste Episode des « Feuilletons » sind die Herbsttage, wenn der Gemüsegarten seine raren Reichtümer zeigt. (MoNo)

 

  

 Edt.- Réd. en chef / Hrsg.-Chefred.  : Dr. Bettina de Cosnac

Ont collaboré/ Red. Mitarbeiter : Andreas Vogel, Deutsche Stiftung Denkmalschutz, Kerstin Engert, Untere Denkmalbehörde Leipzig, Bénedicte de la Villegeorges


Crédits photos/Fotorechte: MoNo, René Antonoff (Rubrik Porträt), Giles Gardner (für Monumente/de Vogüé), Bettina de Cosnac (Chefred.), bsv.bayern, Deutsche Stiftung Denkmalschutz, Kerstin Engert (Leipzig), Günter Karl Bose (LMN-Berlin.com),/F. Luib,


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